Ce nom d'aviateur désigne celui ou celle qui pratique l'aviation, formé à partir du mot latin avis « oiseau ». Ce terme dérivé du mot avion (néologisme créé en 1875 par Clément Ader) a été aussi repris dans différentes langues comme aviator en anglais et Aviatiker en allemand.

Je pense que pour un amoureux de tout ce qui vol, comme moi, ce nom est plus adapté que pilote que je trouve trop restrictif.

Mon rêve d'enfance était de piloter des avions, j'allais littéralement dormir en rêvant d'avions. A l'âge de 7 ans, mon grand-père m'offre une maquette du " Spitfire ", l’avion anglais qui décima les bombardiers allemands pendant la bataille d’Angleterre. Ce jouet ouvrira les chapitres de 50 années d’une énorme passion : le pilotage aérien. J'ai été très chanceux d'avoir des parents qui m'ont permis de faire du planeur à l'âge de 14 ans, l’initiation au planeur renforce mes convictions de "plus jeune pilote de France" en 1958, après le service miliaire, transformé en trois ans de service volontaire malheureusement dans la cavalerie, ce qui initialement devait être l’’ALAT; le brevet de pilote privé en main et un "job de pilote" en Guadeloupe qui me fera passer de pilote bénévole à Instructeur principal de l’aéroclub du Raizet.

Mon objectif, les US, départ dans un DC3 poussif qui servait à un pilote Martiniquais pour vendre ses fruits et légumes sur toutes les îles, entre le Venezuela et la Floride. Un départ sur une épicerie volante vers les Amériques, voilà de quoi ouvrir les appétits. Quand je débarque à Miami nous sommes en 1969.

Après quelques mois je rejoins Los Angeles, et apprends la langue de Nixon, entre un emploi de plongeur dans un restaurant italien du centre-ville et la colocation avec un étudiant japonais dessinateur de voiture pour Honda. Quelques mois plus tard, j'étudie l'anthropologie à UCLA et me retrouve professeur d'anglais.

Départ pour le Japon, à Tokyo, passant d'un emploi à un autre, offrant mes services en tant que mannequin et professeur d'anglais.

Après un retour dans le pays de l'Oncle Sam, pour un an, Burnside Ott Flying School à l'aéroport Opalocka en Floride, je continue mes efforts dans ma recherche du Saint Graal: les licences de pilote professionnel, ainsi que toutes les qualifications qui s'y rattachent. La totale, Multimoteur, le vol aux instruments, etc ...

La logique voulait qu'une fois qualifié, les employeurs potentiels me souhaitent la bienvenue, pas de chance, mes 600 heures de vol ne suffisent pas.

Ce n'est pas un problème, je rejoins une école d'épandage agricole dans le Mississippi, Merigold Flying Service, nous sommes en avril 1973.
J'apprends l'art et la manière de la pulvérisation aux commandes du célèbre Boeing Stearman PT 17, qui a été utilisé pour la formation de base des pilotes de chasse US de la Seconde Guerre mondiale.
Mon premier emploi, Brown Air Service, basé à Udora, Arkansas, engagé pour plusieurs saisons agricoles, je me suis fait une petite réputation, la prospérité a suivi et je suis allé à l'école de pilotage à Tulsa en Oklahoma pour obtenir ma licence de pilote professionnel hélicoptère.

L’appel de l’Asie et me voilà parti pour le Laos. J’y ai essayé mon nouveau métier de pilote d’hélicoptère dans un autre art mortel et plus fatal qui à transformé cette région en terre de larmes et de sang.
1975, départ précipité pour cause de défaite et me voilà de retour dans le pays de Dixie dans le sud des États-Unis.
Les fourmis de feu attaques !

En rangs serrés, doués d'une intelligence hors du commun, ces insectes effrayants, dévastant les cultures, dévorent tout sur leur passage, les animaux et même les bébés, cette troupe sanguinaire ne peut être arrêté que grâce aux efforts répétés de notre équipe de pilotes. Combattant à coup de B 17, B 25 et PV2 « Harpon », on décime ces multitudes d’insectes mortels.

Epandage encore mais cette fois ci en hélicoptère en Floride et en Louisiane avec Campell Air Service, c’est l’épandage pour défolier les passages de lignes à moyenne tensions dans les Ozarks, feux de forêts en Pennsylvanie le long des voies ferrées, surveillance de pipe line au Texas etc…

L’appel de l’aventure et une fois de plus me voilà en Asie mais cette fois-ci ce sont les Philippines, pour Tropical Airways, la compagnie principale d’hélicoptère des Philippines. Tournage de films et mes premiers pas dans la découverte de ce qu’est une mission sismique.

Après quelques années je dérive un poil plus au nord-est dans l’archipel des Mariannes, de triste mémoire pour l’Empire Impérial Japonais qui y subit une cinglante défaite du 15 juin au 9 juillet 1944, qui mit le Japon à porté des bombardiers US et surtout de « l’Elona Gay » qui largua la première bombe atomique de l’histoire sur Hiroshima. Là j’ouvre un petit business de location de radeaux gonflables motorisés, dans l’unique lagon de Guam (normalement interdit aux moteurs) où tous les hôtels touristiques se disputent la clientèle Japonaise. Beau succès mais ça ne volent pas ces choses là, à l’occasion de l’escale d’un thonier j’embarque comme pilote « Fish Spotter » repérage de thon en hélicoptère, ma nouvelle maison, avec mon hélico, un Hughes 500D, arrimé sur la passerelle du bateau et me voilà parti en mer pour un voyage sur deux, environ 2 mois sans voir la terre.

Au bout de trois ans et quelques milliers de tonnes de thons plus tard, départ pour la Papouasie Nouvelle Guinée pour une mission sismique en Bell 206 et le Bell 212, le Huey du Vietnam mais biturbine, mon premier vrai pied, dans le monde du pétrole, qui va alimenter ma passion pour les 17 prochaines années.

Après 18 ans d’absence, fin 1987 retour en France, j’achète une maison et je repasse toutes mes licences de pilote comme un bleu, ceci fait, la principale compagnie d’hélicoptère « Heli-Union », me contacte car ils avaient besoin de pilotes avec une expérience sismique et c’est parti départ, un enchainement de missions sismiques, Gabon, Congo, Angola, Yémen, Birmanie, Pérou, etc.

Finalement de la France je ne voie surtout que les aéroports pour partir en mission à l'autre bout du monde, je me porte donc, dans la même compagnie, volontaire pour la lutte contre les feux de forêts dans les Alpes-Maritimes, chez moi, je débute donc avec le « Lama SA 315 » et très vite en « Bell 205 » et sur les 5 saisons j’en ai dirigé 3.

En 1994 suite à des pluies inhabituelles qui nous détournent de notre mission primaire, nous voilà catapulté dans le sauvetage des populations en dangers, des héliportages dans des conditions extrêmes par une météo exécrable avec une visibilité proche du zéro, un plafond nuageux au ras des pâquerettes et là on put sauver des vies dans des hameaux menacés de disparaitre au gré du courant.
Cette situation de tensions intense et exceptionnel nous valut d’être décoré de la médaille d'Honneur pour actes de Courage et de Dévouement, médaille décernée qu’en cas de sauvetage ayant participé à sauvé des vies.

En fin 1996 alors que l’activité sismique commence à décliner chez Heli-Union, on me propose de reprendre l’exploitation d’Heli Inter Guyane en perte de vitesse, le précédent directeur étant passé à la concurrence avec la clientèle, beaucoup de travail commercial et malheureusement moins de vols, avec 5 machines, 1 PUMA, 1 Dauphin C2 et 3 Ecureuils, un contrat avec le Centre Spatial de Kourou, le SAMU sur tout le territoire, l’approvisionnement des sociétés d’orpaillage et les vols touristiques, tous ces marchés étaient à conquérir ou consolider.

Au bout d’un an à la fin de mon contrat, mission accomplie et plutôt que de rester je pars, toujours pour Heli-Inter à St. Martin aux Antilles. Enfin je vole au paradis, ciel bleu mer émeraude et plages de rêves, liaison régulière entre Grand Case et St. Barth 2 fois par jour, le reste du temps un farniente interrompu de temps en temps par un charter dans les îles avoisinantes, Anguilla, Saba, St. Christophe, Montserrat, Antigua, et toutes îles de Guadeloupe et Martinique.

Mars 1998 naissance de ma fille à Nice et moi dans mon hélico posé sur le tarmac de l’aéroport Gustaf III de St. Barthélémy, au secours je veux partir, je me fais remplacer par l’autre pilote et le lendemain je m’arrange avec un copain Commandant de bord chez AOM qui me prend dans le cockpit, direction Nice via Paris suivit d’un grand bonheur, je voie ma fille, je peux enfin m’arrêter de pleurer.

S’ensuivent deux années sabbatiques où l’essentiel de mon temps est consacré à mon petit bout de fille et rien d’autre, les seules choses qui volent sont dans ma tête et c’est les biberons, les couches, des poussettes etc.
Reprise des vols, mission, sauvetage en montagne avec le SAF (Secours Aériens Français), une Alouette III, basé sur la station de sports d’hiver de « Vars » qui couvre toute la région du Queyras et support du SAMU de Gap. Après la saison d’hiver je rentre chez Nice Hélicoptère la branche française d’Héli Air Monaco, comme responsable du Travail Aérien et du levage en résumé le transport de charges à l’élingue ; les missions s’enchainent, consolidation de surplombs rocheux au-dessus des routes, ravitaillement des refuges en montagne, tournage de pubs, dépose de climatiseur sur les toits d’immeuble, transport de piscines et d’arbres, pour l’EDF mise en place de poteaux électriques, etc., tout cela sur la Côte d’Azur la Corse et l’Italie jusqu'à Portofino.

Après trois ans passés chez Nice Hélicoptère je me prépare à la retraite aéronautique, obligatoire en France à l’époque à partir de 60 ans en privant la licence de pilote professionnel de l’option Transport Public, ce qui fait qu’il est virtuellement impossible de trouver du travail au vue de l’impossibilité de transporter des passagers payants ; cette mesure qui s’appliquait à tous les pilotes commerciaux y compris les pilotes de ligne fut abandonné plus tard car il y eut une pénurie de pilotes au pic de leurs expériences, dans mon cas suite à mon départ l’activité de Travail Aérien fut abandonné par la compagnie d’hélicoptère.

Avant que la date fatidique tombe je fais deux missions SAMU dans l’Aude en Dauphin C2 avec la société « ValAir » et c’est fini, il faut maintenant passer à autre chose.

Je commence donc une nouvelle vie en tant que consultant en informatique et multimédia, enfin l’occasion de rentabiliser mon expérience et mes diplômes acquis aux US, par un contrat avec la Mairie de la ville voisine de mon domicile pour faire le site Internet de la ville et pour l'assistance technique, l'entretien du parc informatique et les supports multimédia.

Voilà !


" Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours ".
François de La Rochefoucauld, Duc et Prince de Marcillac .

BIOGRAPHIE